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Le Québec sauvage sur la route

  • Photo du rédacteur: marionrivaud
    marionrivaud
  • 3 oct. 2021
  • 10 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 nov. 2021

Avant toute chose sachez que cet article n’a pas été facile à écrire, ce blog est un carnet de voyage alors je me dois d’être honnête avec vous, à cent pour cent. Je ne vais vous parlez ici que des bons souvenirs, des bonnes adresses et surtout des rencontres parce que c’est cela et seulement cela que je veux retenir de ces 9 mois passés au Canada, mais c’était une année de covid alors je vous dirais simplement que je n’ai pas volé ma place pour partir étudier là-bas et que le chemin pour y parvenir à été long et douloureux.


Alors oui sur ce blog j’ai envie de vous partager des adresses de voyage de roots, des lieux hors sentiers battus et des voyages authentiques, au plus près de la vie locale, et bien je peux vous dire que ce voyage a surement été l’un des plus roots que l’on aurait pu faire car ce n’était tout simplement pas censé être un voyage à l’origine ! Nan à l’origine je devais partir pour étudier mais la crise est arrivée et je n’ai donc pas vraiment étudié, au final. Je ne vous en dirai pas plus, faute d’aller en cours, j’ai pris le temps de visiter le pays et pour le coup on peut dire que je l’ai parcouru pas mal dans tous les sens cette province du Québec, de l’Atlantique jusqu’à Toronto et de la frontière Etasunienne jusqu’au montagnes du nord.


Mon voyage commence un 8 janvier, après un arrêt rapide à Montréal c’est un long trajet en bus qui commence jusqu’à la petite ville dans laquelle je vais vivre les deux premiers mois de mon séjour. Matane, porte d’entrée de la Gaspésie, cette pointe au sud du fleuve Saint Laurent qui borde l’océan Atlantique. C’est une petite ville de campagne, le centre-ville ne fait qu’une rue et les rues parallèles sont bordées de petites maisons colorées. Il y a deux choses que je retiens de ces deux premiers mois de vie au Québec, la première ce sont les rencontres. Vivre dans une petite ville au cours d’un rude hiver ça forge les liens et les personnes que j’ai rencontrées là-bas resterons gravées dans ma mémoire. Mais la deuxième chose qui fait vivre cette petite ville et qui mérite bien le détour ce sont les couchers de soleil sur le fleuve. Petite anecdote et les québécois ne m’en voudront surement pas, ils ne sont pas champions en termes de précision géographique, parce que oui au Québec le fleuve ce n’est pas un fleuve c’est la mer ! La lumière a quelque chose de particulier en Gaspésie, je n’avais pas ressenti cela ailleurs qu’en Afrique avant de poser le pied dans ce petit bout de bout du monde. Il y a quelque chose de spécial avec les couchers de soleil au bord de ce fleuve, les nuances sont infinies et peuvent aller du jaune au violet au cours de la même soirée. Personnellement ils m’ont fait ressentir cette pointe d’esprit d’aventure, celle que l’on a tous eu au cours de notre enfance devant un livre ou un film, parce que lorsque le soleil se couche ici il fait naitre en vous l’appel de la liberté, l’appel du grand nord et des contrées sauvages, inexplorées, et je crois que c’est cela pour moi le Canada.



Mais parlons un peu gastronomie après tout les hivers sont rudes au pays des ours polaires et particulièrement au bord du fleuve près de l’océan. On aura vite fait le tour, le Québec n’est pas vraiment reconnu pour être une destination de papilles mais on retiendra tout de même la célèbre poutine qui réchauffe les cœurs et les corps autour d’une bonne bière de microbrasserie comme il y en a beaucoup partout sur le territoire alors n’hésitez pas à vous renseigner sur les circuits de la bière. Si je devais retenir un mot pour résumer ce morceau de continent qu’est le Québec alors je retiendrais chaleureux, parce que c’est cela le Québec. Ce sont des gens qui s’arrêtent dans la rue pour vous proposer leur aide lorsque vous cherchez votre chemin, ce sont des artisans brasseurs qui vous ouvrent les portes de leur atelier pour vous faire découvrir l’art de transformer le houblon et surtout ce sont les parents d’un ami d’ami qui vous ouvrent les portes de leur maison familiale et qui vous montrent les photos de leur enfants accrochées au mur en vous parlant de leur histoire, de leur intimité comme s’ils vous avaient toujours connu. Mais moi ce que je retiens surtout des Québécois c’est leur amour profond et irrationnel pour leur province et pour leur terre. Alors oui même si cela donne parfois lieu à une forme de réticence à la différence et au changement je crois que cela fait d’eux des gens authentiques et qui ne trichent pas, et aujourd’hui je les admire pour cela.


Cette Gaspésie je l’ai parcourue, en été sous un soleil tardif mais puissant qui révèle un territoire immense et magnifique traversé par l’une des plus belles routes du monde, la nationale 132. Cette route mythique, c’est la ligne de vie du Québec, elle traverse la province d’Ouest en Est en longeant le fleuve jusqu’à atteindre cette région de la Gaspésie. Si vous êtes comme moi et que vous aimez les voyages au plus près de la culture locale alors c’est la destination idéale, loin de Montréal et des sentiers touristiques. Cette Gaspésie c’est une longue bande de terre qui longe des falaises abruptes plongeants dans le fleuve dans un panorama exceptionnel et des parcs nationaux regorgeants de vie sauvage, de lacs et de cascades. On y trouverait presque un petit air de rocheuses, un petit air de l’Ouest avec des sommets culminants à près de 1000 mètres et des forêts verdoyantes à perte de vue. Et j’ai un secret à vous partager, le Mont Albert en plein cœur du parc national de la Gaspésie abrite l’une des dernières ardes de caribous sauvages d’Amérique du Nord, alors pour les plus motivés à qui l’altitude ne fait pas peur si vous partez assez tôt vous aurez peut-être la chance de pouvoir les observer. Encore une dernière chose, en rentrant prenez la route 299 à l’intérieur des terres, vous vous en souviendrez c’est le toit du Québec on y voit jusqu’à l’océan…



Oui le Canada c’est le paradis de la vie sauvage et des amoureux de la nature, et si comme moi vous avez une bonne étoile vous aurez peut-être la chance de vous réveiller le matin, de sortir de votre tente et de voir passer un groupe de biches sur la plage dans les premières lueurs de l’aube, ou encore vous pourriez vous perdre dans un parc national et vous retrouvez nez à nez avec deux orignaux, le plus grand cervidé d’Amérique, arrêtés là juste devant votre voiture. Pour vivre le Québec il faut prendre le temps, le temps d’attendre que les phoques s’approchent de la plage pour jouer, le temps que le renard ai envie de traverser la clairière, le temps de, comme moi, partir en mer attendre des heures que votre rêve d’enfant se réalise…


Les baleines. Oui je les ai vu et j’en ai pleuré. L’océan c’est ma bataille à moi, la cause qui me tient à cœur et qui me fait rêver depuis que je suis toute petite alors quand j’ai su que je partais au Canada je n’ai eu qu’un espoir, avoir la chance de voir des baleines. Le golfe du Saint Laurent c’est l’endroit rêvé pour les observer au début de l’été alors ne ratez pas votre chance. C’est un des plus beaux souvenirs que je vais garder en moi, parce que quand j’ai vu cet immense animal passer juste sous mon bateau un profond sentiment d’espoir m’a envahi et je crois que c’est la chose la plus importante au monde.



Je suis quelqu’un d’aventureux alors il n’est pas étonnant que j’aie eu envie de pousser l’exploration encore plus loin. Au début du printemps, qui arrive tardivement au Québec, j’ai pris la décision sur un coup de tête de louer une voiture pour partir explorer la côte nord du fleuve, la voiture c’est le seul moyen de se déplacer au Québec car le chemin de fer et très peu développé. En revanche elle risque de vous jouer quelques tours au début ! Déjà quand on est européen en général on roule en boite manuelle alors gare au pied gauche qui écrase vigoureusement le frein en pensant que c’est l’embrayage ça donne des bleus sur le front quand on percute le volant ! Et deuxième chose les feux rouges sont de l’autre côté du carrefour, alors on se concentre histoire de ne pas finir comme moi arrêtée au milieu de la route à devoir griller le feu ! Quand on est comme moi et que l’on aime la route et les grands espaces c’est le paradis, le rêve de gosse à l’américaine avec les longues routes droites bordées de forêts à perte de vue. Ces routes sont propices à la réflexion et pour moi elles ont été l’occasion de vraiment apprécier ce voyage parce que si vous prenez la route alors vous vivez vraiment votre voyage et cela le rend plus beau croyez-moi.


La côte Nord ce n’est pas un voyage qu’il faut prévoir, c’est un voyage qu’il faut habiter. Prendre la route sans savoir où l’on va c’est longer le fleuve dans une lumière époustouflante, presque irréelle, c’est s’arrêter le long de l’autoroute pour prendre des photos de l’immense lac gelé qui dors juste là et finir par ne repartir qu’une heure plus tard parce que vous avez rencontré un chauffeur routier qui vous a raconté son métier, sa vie sur les routes et ce pays qui vous mène la vie dure parfois mais que l’on ne peut s’empêcher d’aimer. C’est cela la côte Nord, des endroits à couper le souffle sur lesquels on tombe seulement si on ne les a pas cherchés. Comme la baie des rochers qui se trouve perdue au bout d’un long sentier de forêt que seuls les locaux connaissent et qui s’ouvre sur une crique bordée de falaises multicolores ou encore la jetée du petit village de Port au Persil qui offre une vue stupéfiante sur le Saint Laurent d’un bleu turquoise incomparable.



Le jour suivant j’ai longé la côte un peu plus loin vers l’est et je suis tombée sur la perle de la côte Nord, le fjord du Saguenay. Le Saguenay c’est une rivière qui descend du Nord pour se jeter dans le Saint Laurent et qui grâce à la magie de l’évolution a créé un fjord aussi profond qu’une mer intérieure. Mais c’est avant tout un paysage incroyable avec des falaises qui offrent un panorama somptueux sur le fjord et le fleuve. Cet endroit est un repaire secret pour l’observation des baleines qui remontent le fleuve pour se nourrir et notamment la mystique baleine blanche, le béluga que vous aurez peut-être la chance d’apercevoir. Ce jour-là j’ai traversé en bateau le Saguenay dans une épaisse brume marine pour rejoindre le petit village de pêcheur de Tadoussac. J’ai rencontré un vieil homme sur la plage qui m’a conduit vers l’entrée d’un petit sentier caché en me disant que la brume allait se lever, que c’était comme cela chaque jour, depuis toujours. Et il avait raison, j’ai pris ce chemin et quelques minutes plus tard la brume s’est dissipée et m’a dévoilé la plus belle vue de mon voyage… Le Saint Laurent et la côte sud à ma gauche et de l’autre côté, à ma droite, le fjord du Saguenay et au loin les falaises des gorges de la Malbaie.



Et si vous preniez le temps de vous éloigner un peu des sentiers balisés ? Je suis née dans les Alpes alors pour être honnête avec vous le Québec j’ai trouvé ça un peu plat au début ! Mais la côte Nord c’est autre chose. Un jour je suis partie en longeant le fleuve et je suis tombée sur un local qui m’a parlé de deux parcs nationaux, peu fréquentés par les touristes mais qui pourtant valent plus que le détour, alors le lendemain je suis partie à la découverte du parc des Hautes Gorges de la Malbaie. Epoustouflant, c’est le mot, la petite route sinueuse longe la rivière au fond de profondes gorges bordées par des falaises de granite parsemées de forêts de conifères. Après un moment on arrive à un petit chalet au bord d’une passerelle en bois qui traverse la rivière, j’ai pris le chemin et, arrivée au sommet, c’était une vue à 360° sur toute la vallée. Simplement la grandeur de l’Amérique sauvage, celle d’Hollywood. A oui une dernière chose, au sommet de cette vallée au milieu de nulle part au fin fond du Québec, j’ai rencontré un québécois amoureux de voyage et d’exploration avec qui j’ai discuté longuement et qui m’a donné de bonnes adresses évidemment !



Aller un dernier endroit, après je vous laisse tranquille mais il y a tellement à voir quand on quitte les grands axes que je pourrais vous en parler pendant des heures ! Un parc national aussi, il y en a tant au Québec, mais celui-là c’est surement le plus secret que j’aurais pu trouver car il n’y avait même pas de point de contrôle à l’entrée. Je me suis enfoncée dans les terres au milieu de la forêt en direction du Mont du Lac des Cygne pour faire la randonnée qui mène au sommet, à plus de 1000 mètres, surement le point le plus haut que j’aurais pu trouver au Québec. Le parc national des Grands Jardins. Je connais bien les Alpes alors des points de vue saisissants j’en ai déjà vu un paquet mais là je dois dire que c’était quelque chose. Après une ascension au milieu de la forêt et de quelques lacs de montagne je crois bien que je suis arrivée sur le toit du Québec, littéralement. Ce sommet m’a offert une vue saisissante à 360° sur toute la côte Nord et même jusqu’au Saint Laurent et naturellement j’étais seule à en profiter. Le sentiment de liberté que j’ai ressenti au sommet et l’un des plus beaux de mon voyage et je crois qu’il résume plutôt bien le Québec.



Enfin voilà, ce que je voudrais que vous reteniez de cet article c’est que le Québec est une contrée sauvage destinée aux amoureux de nature et surtout d’aventure, là-bas il n’y a pas de réseau et la nature ne pardonne pas alors partir en exploration n’est pas une chose à faire à la légère. Les routes québécoises ont été pour moi l’incarnation du rêve de conquête à l’américaine, la découverte de ces immenses contrées sauvages. Parce que lorsque vous roulez dans le soleil couchant au bord de cet immense et puissant fleuve Saint Laurent, dans cette lumière de chaleur qui vous englobe c’est un sentiment de liberté qui nous anime et l’on se sent tout petit…

 
 
 

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